Diana Kennedy, artiste-auteur située dans les Vosges.

jeudi 13 juillet 2017

CBC 008 saumon fumé et adieux


"Mon corps et ma tête sont en total désaccord" nous confia Donna le matin du 10. " Mon corps me dit : tu es fatiguée, ne bouge pas de chez toi et surtout, ne te mets pas au volant" mais ma tête et mon coeur me disent, non il faut que tu emmènes Diana et Roberta à Neah Bay. Parce que Diana doit voir l'océan Pacifique et elle doit découvrir le fameux saumon fumé artisanal que l'on y prépare.

Elle nous embarqua donc,  Roberta et moi,  et nous conduisit à vive allure sur les serpentines de la route au long de la côte.


La plage du pacifique. Une vue dont rêvait notamrnt ma Grand-mère, pendang toute une vie. Elle avait été très inspirée par les aventures marines du passé et  elle avait llustré des citations de Herman Melville.


Roberta et moi.

Neah Bay peut se vanter d'avoir l'agence postale le plus au nord ouest des USA continentales (donc sans compter  l'Alaska) et c'est bien là que j'ai remis tout le paquet de cartes postales que bon nombre d'entre vous vont recevoir d'ici pas trop longtemps , j'espère.

Neah Bay est aussi le territoire du peuple des Makah. L'art des Makah se trouve partout, sur les totems traditionnels bien entendu, mais aussi sur les murs à l'intérieur d'un supermarché. Donna nous emmene dans une petite poissonnerie artisanale, où on fume le saumon fraîchement capturé. "Il y a du bon saumon, du très bon, du saumon excellent, et puis, il y a celui-là" dit elle. En effet. La dégustation est une révélation. 


"Ne donnez jamais à manger à un indien, sinon il va vous suivre à la maison" plaisante notre hôte. Humour court et sec des Makah, qui vous sortent des bonnes - que nous n'oserions jamais.

Nous achetons toutes les trois un petit paquet de cette délicatesse. Je compte emporter le mien la  maison.


Donna nous explique la signification des divers symboles sur les totem. "En fait, c'est comme une histoire, une BD, il faut juste savoir interpréter les détails, leur position et les couleurs" dit elle.

Après, c'est retour, d'abord à ClallamBay. Peu apres, le moment est venu de renter avec Roberta à Seattle. Donna vient avec nous jusq'à Port Angeles, parce qu'elle y a des courses à faire. "Vous me laissez là et je rentrerai avec le bus".
L'adieu se fait en vitesse, mais avec beaucoup de coeur. Après 27 ans nous nous étions revu et maintenant, qui sait quand sera la prochaine rencontre. 
peut être en France....

Roberta et moi rentrons à Seattle. Avant de rejoindre sa maison, elle m'emmene sur un grand tour dans les quartiers. J'admire les maisons, les arbres et l’apparence très verte de ces zones résidentielles. Seattle est assurément une ville où il fait bon de vivre, en tout cas dans une grande partie des lieux.


Il y a même ces petits dépôts de livres - comme à Bains-les- Bains


Dans les quartiers privilégiés, on trouve ces superbes manoirs.

Le lendemain matin, deuxième petit tour à Seattle. Roberta m'emmene à un point de vue célèbre. "Pratiquement toutes les photos de Seattle sont prises ici. Tu googles Seattle et tu trouves ça" riait elle. Alors bon, j'ajoute la mienne, de photo.

Oui, c'est Seattle er son signe de marque, le space needle.


Vers 15 heures, Roberta m'emmene à la Station de métro. Correspondance directe pour L' aéroport. C'est le deuxième adieu. Et là aussi, ce sont les grands émotions. Roberta, que je connais presque aussi longtemps que Donna, une amie sincère et une grande artiste, a été une hôtesse merveilleuse. Elle et Bruce, son mari, ont tout fait pour faire de ma visite un rêve réalisé.

L'avion ne part qu'à 21h30. Donc après une journée remplie, il va falloir affronter les 10 heures de vol Seattle - Francfort.

 Si au moins je pouvais dormir à bord. Malgré les oreillers de  voyage, çela devient en effet difficile, voire impossible. Après deux ou trois heures, c'est la nausée qui s'installe. Je dois tout le temps demander à mon voisin de siège de me laisser sortir, afin d'aller aux toilettes pour rendre ce que je n'ai pas mangé. Et je ne suis pas la seule. A bord, ça se plaint, ça gémit et ça vomit.

Je n'avais pas encore digéré le Jet Lag de l'aller, voilà que le retour me le claque en pleine figure.

Une passagère a un malaise, elle s'écroule sur les WC. Le personnel de l'avion la sort de la cabine et via les haut parleurs on demande, si il y a un quelqu'un à bord avec des compétences médicales. Heureusement, une jeune doctoresse est à bord. Elle stabilise la patiente. 

Comme elle va bientôt mieux, l’atterrissage d'urgence qui avait été envisage est abandonné.  nous continuons le vol comme prévu.

Le vol Francfort-Bâle se fait sans problèmes, je sombre dans une demi-somnolence.


A l'approche de Francfort.

C'est vers minuit, dans l'appartement à Bâle que se termine l'aventure du ClallamBay comicon. 
Une expédition insolite. Un beau rêve qui s'est vu réalisé grâce au soutien de nombreux personnes. Nous avons surmonté d'énormes distances pour connecter deux communes rurales, animés par la passion du dessin, de l'échange et de la découverte.
"yes we can" - la parole est toujours vivante! 


Ce blog n'aura été que le reportage style télégramme. Je prépare un récit plus détaillé, qui sera richement illustré et publié sur papier! 
















lundi 10 juillet 2017

CBC 007 Jour deux


Aujourd'hui, un évenement important est au programme : la rencontre avec les representants du Lions Club. Pour mémoire : les lions de Bains-lesBains m'avaient sponsorisé mon passeport et le visa ESTA. Un geste aussi inattendu que bienvenu. 
Et ils me donnerent leur fanion de club à remettre au Lions Club Sekiu- ClallamBay.

Me voilà alors devant les représentants du Lions Clubs. Deux monsieurs décents et modestes. Je leur parle un peu de Bains-lesBains, de ses thermes et des forêts et monts qui marquent notre paysage vosgien. Je leur parle aussi de la crise économique qui, depuis des années déjà, reserre son éteau sur la région. Des vieilles maisons et de la vie simple, parfois dure mais sereine dans nos villages. Je précise l'effort qui avait été fait pour recueillir les fonds nécessaires pour mon voyage et que ce soutien était tout sauf anondin.
Ils sont émus. Nous faisons la photo de la rencontre ( que je publirai pus tard, puisque c'est Donna qui l'a ) et les messieurs du Lions Club le remettent à leur tour des petits cadeaux à relayer à leurs confrères de Bains.
Un instant avec beaucoup d'émotions, un instant magique où les distances fondaient et les continents se raprochaient. 


Le fanion de Bains-les-Bains(en haut a gauche)  a desormais sa place dans le local du Lions Club ClallamBay. 
Les visiteurs sont très interessés par Riverboat et souvent savent qui je suis et ont même entendu parler de ce qui m'était arrivé à Stains.
Le petit stock de Riverboat fond - ce ne seront pas eux qui vont allourdir mes bagages. Cette tâche va être assurée par les oeuvres des amis-collègues.
Que ce soit Donna herself, avec ses séries désormais mythiques ; Desert Peach Peach, Stinz, Bosom Ennemies et la série actuelle, Afterdead, que ce soit Roberta Gregory avec sa Bitchy Bitch ou sa niuvelle série sur les chats - les amies ont bien travaillé. Et je recupére les titres qye je n'ai pas encore. Il y a aussi des dessinateurs que je ne conaissaus pas avant, comme Larry Lewis, auteur de mini-BD qui racontent des petites avenutures de la vie quotidienne et Jake Richmond, auteur de Modest Medusa, une BD aussi très connue aux USA. 


Donna Barr avec Afterdead. 


Larry Lewis et ses mini comics. 

La création Steamunk était également présent au festival.

La présence de deux mecens , Bob et Eric a été ressentie comme si deux anges gardiens veillaient constament sur la salle. Gentllesse, chaleur humaine - l'amitié avec un grand A a été au rendez-vous. Bien loin ces festivals de BD où les auteurs s'alignent côte à côte, sans se reagrder, sans s'intéresser à ce que fait le voisin, la voisine. 
Je me suis sentie reportée 30 ans en arrière, l'époque ou les dessinateurs étaient copains, peu importe si on se connaissait déjà avant ou pas.

En fin d'aprés midi, nous duscutions tous des moyens de diffusion, des pistes modernes de soutien, comme paetron et autres.
Le clallamBay Comicon a été pour moi, une réussite totale, une source de force qui a guéri certaines blessures et m' remplie d'inspiration et d'idées.

A demain pour la suite du récit, car il y a encore une journée à Seattle et puis le vol de retour. 


dimanche 9 juillet 2017

CBC 006 Parade and Comics


Ah, quel honneur ! Donna m'a reservé la meilleur table de la salle : celle juste en face de l'entrée. Une nappe rouge attire le regard. Il ne reste donc plus qu'à m'installer. Je déballe donc mes livres et mes outils de travail. Des gestes de routine comme je les ai déjà fait tant de fois à tant de manifestations. Mais ce coup- ci c'est pourtant tellement différent. Je suis aux USA ! 

Installée ! Je porte la casquette de résistance anti-Trump, "pussy" crocheté par Donna Barr.


Le ClallamBay Comicon coincide avec les "Fun Days", une fête annuelle qui attire beaucoup de monde. C'est bien, parce que ainsi nous avons aussi ce public là mais:
"0n n'ouvre qu'à midi. Parce que avant, il y a la grande parade de rue et là, faut pas croire que quelqu'un viendra s'égarer chez nous. " les parades pour les américains, c'est sacré.

Alors nous fermons la salle et nous nous mettons au bord de la route, afin d'assister à la  parade. C'est - très américain. Des drapeaux, des voitures, les représentants des services publics...



Le plus marrant c'est cette chiotte ambulante, qui à même les feux arrières conforme à la reglementation.

Des bonbons sont jetés et on s'amuse à les ramasser.

A la fin de la parade Donna nous dit:  "J'ai une de ces faims. Je propose qu'on va se payer un des hamburgers que le Lions Club prépare à leur stand. D'habitude, j'évite de soutenir l'idustrie de la viande  bovine, mais bon là, c'est le soutien du Lions Club..."
Oui, pareil pour moi. je suis en en train de vivre une expérience on ne peut pus américaine, avec parade, grosses voitures, drapeaux et tsointsoin réunis, autant rester authentique jusqu'au bout.

Et c'est vraiment bon.


Aprés, c'est retour à la salle, la manifestation ouvre ses portes. Très vite, il est temps pour la présentation du film, "la bête des Vosges."
Bob Stein, un ami de longue date qui s'était chargé de convertir le fichier aux normes américaines lance la projection. Bob habite la côte est est il a fait çe long voyage rien que pour me rencontrer, tout comme Eric Schneider, un autre ami.
La présentation du film est un succès, les spectateurs rigolent aux mêmes endroits que le font habituellement les spectateurs français. Le monde s'est raproché dans cette salle.

Mes BD rencontrent beaucoup d'interêt. On m'achète un dessin original très valeureux et biensûr, Riverboat.

De mon côté je découvre ce que les amis auteurs et autrices ont fait entre temps. Chacune et chacun est resté fidèle à son originalité et à sa créativité, tout en évoluant en dessin, technique et parfois en sujet abordé.
Nous avons tous un certain âge maintenant. Nous nous étions connus il y a environ trente ans, à une époque ou il n'y avait pas encore l'internet, mais beaucoup d'éditeurs "indy" qui publiaient nos histoires en noir et blanc. Du vrai offset !
Nous nous retrouvons aujourd'hui face à une époque nouvelle, avec ses défis et ses opportunités. D'un côté de l'atlantique, comme de l'autre. 
A bientôt pour les nouvelles sur le jour deux! 





vendredi 7 juillet 2017

CBC 005 ClallamBay


La navette m'avait déposée chez Roberta à Seattle à minuit pile. Heure locale. 
Avec le décalage horaire, ceci m'aura fait presque 24 heures d'avion et d'attente aux aéroports. Une hyper journée qui ne finissait plus et qui m'a bouffé des forces énormes. 

Après quelques heures de sommeil chez Roberta, elle, son mari et moi nous nous sommes aujourd'hui mis en route pour ClallamBay. Pour cela nous avons traversé le parc national de la pléninsule Olympia.
Une réserve naturelle magnifique avec des sapins qui poussent jusqu'au ciel.


Des vues carte postale typiquement américaines.


Le Lake Crescent, c'est un ancuen glacier qui a fondu et qui forme ce superbe lac. Nous faisions notre pique nique ici.


Une autre vue, elle aussi typique malheureusement. Lexploîtation des forêts, du bois, se fait à l'echelle industrielle, sans la moindre retenue, dévastant des hectares entiers, ne laissant que des grounds zéro dans le paysage.


Saviez vous que le cannabis est en vente libre et légale dans l'état du Washington ? De nombreux commerces en proposent avec des pancartes vantant la qualité de leur stock.
Non, je ne me suis ruen acheté. Étant "natural stoned". 

Après ce voyage riche en impressions, nous arrivions enfin à ClallamBay, où je revis, après 27 ans, Donna Barr! 
Et demain donc commencera le premier jour du festival BB ! 

mercredi 5 juillet 2017

CBC 004 Flight day


Elle est toujours agitée, la nuit avant le départ. De peur de rater l'heure pour se lever, on ne dort pas du tout. Ou presque. La chaleur lourde qui pèse sur la nuit bâloise ajoute à l'inconfort.
Le son du réveil est presque un soulagement. 

Le vol vers Francfort se déroule sans problèmes. Ici, il faur changer de terminal et repasser les contrôles de securité. Punaise ! C'est bien plus musclé que pour un vol européen,  ces contrôles avant le saut vers les USA. 
On vous coince dans un scanner à rotation, on vous fouille avec les mains, même á des endroits oú, normalement personne ne pourrait y toucher sans encaisser une baffe. C'est vraiment désagréable, mais bon. Tout le monde se laisse faire sans rouspetter, parce que personne n'a envie de passer les prochaines 10 heures à bord d'un avion en compagnie d'un deuxième monsieur Atta.



Le Décollage d'un Boeing 767 est une experience assez impressionante pour qui, jusq'à ce jour, n'a connu que ces sauterelles inter-ville du type hop! Ou city-liner. Ou encore les vieilles DC 10 des années 70.
Quand les puissants roteurs se mettent en route et que ça commence à foncer, on a envie de dire "doucement, pas si vite". Mais là, faut pas compter là dessus. Vous êtes pressé dans le siège avec une force ressentie d'au moins 2G et vous grimpez dans le ciel avec une vitesse sidérante.

Étrange route que nous prenons, tiens. Au lieu de traverser l'atlantique en ligne  horizontale, l'avion suit une grosse boucle tout au nord, en survolant l'Islande, le Groenland et le Canada. 

Le survol du Groenland est à couper le souffle. Les montagnes, la neige, la mer avec les banquises...


Pour quelqu'un qui fait son premier vol intercontinental, ces impressions sont spectaculaires.

L'aterrissage à Las Vegas et turbulent et on est secoués comme dés de jeu de hasard....

Me voilà donc ici, à attendre le vol pour Seattle qui partira dans 6 heures! Ma journée a pourtant comencée très tôt, mais elle ne finit pas. Ici, il est 17h00 et chez nous déjà 02h00....bon je vaus essayer de me coincer un pt'it bulle sur le siège de la salle de départ.




CBC 003 première etape. Ouf!



Le train direction Belfort part de Bains les Bains à 10h19 - tous les jours. Mais je m'assure en général quand même au préalanle sur sncf.fr afin d'être vraiment sûre...
En général. Sauf aujoyrd'hui. Comme quii j'ai été bien embêtée quand j'ai déciuvert que je devais attendre presque deux heures à la gare que vuenne ce bus de remplacement. Eh oui. Pour cause de travaux, aucun train ne circulera en Juillet.
Quelle poisse.

Mais non. Une tous parti, c'était parti et j'ai fini par arriver.
Me voilà donc à Bâle. Et demain matin : décollage !



dimanche 2 juillet 2017

CBC 002. Aldo et JFK


Tout comme sur le pèlerinage en Italie, j'invite mes "compagnons invisibles" à venir avec moi. Aldo et John sont en train de se préparer et vont peupler mes illustrations pour raconter le voyage et le séjour à travers de leurs yeux.

Cette fois-ci les rôles sont inversés: Alors que le pèlerinage était pour Aldo un retour au pays - que John avait à découvrir, cette fois -ci on va chez John.

On ne vous cachera pas, qu'Aldo a des sentiments un peu mixtes. Ses souvenirs ne sont pas unanimement bonnes.

Ouais...
On en voudra jamais assez à cette brute de Kissinger d'avoir menacé Aldo. Or, nous veillerons bien à ce que à ne se reproduise plus.


samedi 1 juillet 2017

CBC1. 001 : Compte à rebours à commencé


Aujourd'hui dans une semaine je serai au ClallamBay Comicon!

Il est temps d'entamer le cycle de reportages sur l’événement. Donc à partir d'aujourd'hui, à chaque fois que le temps et la connexion internet me le permettront, je vous ferai part de l'actualité et de mes pensées autour de ce voyage d'exception, sur le quel je vous invite de m'accompagner en tant que lectrice, lecteur.
Pour mémoire, voici les dates:

  • Mercredi 5 Juillet, départ pour Bâle. J'y ferai les derniers préparatifs et logerai dans l'appartement de ma mère.
  • Jeudi 6 Juillet, décollage de l'avion à Bâle Mulhouse, vers 8h00 du matin. Après des escales prolongées à Francfort et Las Vegas, j'arriverai vers 23h45 à Seattle (heure locale)
  • Vendredi 7 Juillet : Ensemble avec Roberta Gregory, nous nous rendons à ClallamBay
  • samedi 8 Juillet : Premier jour du Comicon
  • Dimanche 9 Juillet : Deuxième jour du Comicon
  • Lundi 10 Juillet Retour avec Roberta vers Seattle
  • Mardi 11 Juillet décollage pour retour vers l'Europe.
Oui, c'est court. Un séjour plus long aurait aussi coûté plus cher. Déjà que le voyage tel qu'il est prévu maintenant, n'aurait pas pu être possible sans le grand élan d'aide et de solidarité de ma communauté (pour le billet d'avion) et celle de Donna (l' hébergement).

De toute façon, n'oublions pas : Ce ne sont pas des vacances. C'est la réalisation d'un défi : Celui de faire un saut, comme ça, en tant que artiste précaire, à un festival de BD qui se déroule  à l'autre bout du monde. Pour présenter aux Américains en direct les BD et dessins crées auprès d'un poêle vosgien.
C'est l'idée du "global village" vécu en direct.

Suis-je prête ? Oui et non...
Oui, parce que tout est réglé (du moins je l'espère). Non, parce que dans ma tête, je n'ai pas encore pu me libérer de l'ombre noire de Stains.
Je me sens toujours comme enfermée dans une caisse sombre. 


Mes pensées devraient être concentrées sur le voyage, mais ils restent assiégées par le souvenir, par les vagues d'angoisse et de peur.
Je parviens cependant lentement à me libérer...Grâce à l'aidée apporté, grâce à votre solidarité, je me suis retrouvée avec du nouveau matériel de dessin plus rapidement que durerait un vol en supersonique. Alors je dessine, et ça me fait un grand bien. Je dessine pour vivre, pour respirer, pour résister.

A demain, les amis !



vendredi 30 juin 2017

Le retour

Me voilà de retour dans les Vosges, à la maison. Je suis contente de retrouver le pays.

Le voyage de retour n'a pas été simple, non plus.

Le Taxi arriva à l'heure. Quand nous primes la grande rue, passant par la maudite station de bus, je ne pus me retenir. Je racontais au chauffeur ce qui m'était arrivé.
"Oh mais c'est normal" répondit-il avec un calme total.
Ensuite, j'eus droit à toute une série d'anecdotes sur des incidents similaires dont il avait été soit victime, soit témoin immédiat ou encore de récits de ses clients. TOUT s'était passé exactement dans ce quartier.
"Ce sont des jeunes du quartier. Ils sont bien connus, mais personne n'ose faire quelque chose. Les policiers non plus. Ils ne vont d'ailleurs certainement pas traiter votre plainte, parce que voyez-vous, il y en a trop. ça va partir sur la pile avec les cas de drogue, les viols, les violences et les braquages, les dealers et tout ça. C'est une Zone de non-droit."

Oui, ok. J'ai bien compris ça entre temps.

"Tout les voisinage les connaît, les habitants savent qui ils sont, mais ils ont tous peur. Alors les voyous font ce qu'ils veulent. Ils vous assaillent en plein jour, souvent devant les yeux des passants. Personne ne vous aidera, de peur."

Je me casse la tête, si j'aurais pu éviter de mettre mes pieds dans cette boue immonde qui s’appelle citée. Étais-je naïve de réserver un hôtel comme ça, dans la zone parisienne, sans vérifier de quelle Zone il s'agit vraiment ? Oui, sans doute. Et je me fais des reproches.

Arrivée à l'aéroport d'Orly - les avertissement "Attention ! Risque d'attentats" ajoutent au confort mental des voyageurs. Les toilettes indiquent à quel niveau on estime les passagers :


Comment ça ? On ne peut pas boire un coup dans la cuvette?








samedi 24 juin 2017

Vide sac

Alors que je suis contrainte d'attendre ici, dans cette petite chambre de l'hôtel F1 à Stains tout le week-End, autant passer le temps à écrire ce billet et à vider mon sac.

C'est étrange : cette chambre d'hôtel est une cellule de prison et une cachette-refuge en même temps. Tout est en contradiction, je n'ai plus aucune pensée cohérente.

Mais pour les lecteurs qui n'ont pas suivi sur facebook, récapitulons les faits :

Comme tous les ans, j'ai voulu participer à FESTICART' cette manifestation en honneur de la carte postale et de l'illustration en générale. Et comme tous les ans, je me suis pris un hôtel - non à Enghien-les-Bains, ville où la manifestation a lieu, mais dans les alentours de l'île de France.

L'hôtel F1 a Stains proposait un bon deal via Booking.com , 127 balles  pour trois nuits. Alors adjugé. En guise de préparatifs, je calculais en ligne le trajet à faire en RER et bus pour me rendre à Enghien-les-Bains le samedi matin.

Hier, la première mauvaise surprise: la gare de Stains La Ceriseraie - est fermée jusqu’au 1er juillet pour cause de travaux. Je dois donc recalculer mon trajet mais...tout le temps, perturbations, travaux. Les différents sites indiquent des différents horaires de bus. C'est un chaos total.
Sur facebook je lance un appell à Covoiturage, taguant l'organisateur de Festicart. Après tout, Enghien n'est qu'à 8 km de Stains, Un petit détour pour dépanner une collègue. Mais aucun retour.

J'opte donc pour un trajet que je me suis bricolée tout l'après midi de vendredi. Le premier d'une série de bus à prendre partirait donc depuis l'arrêt près de l'hôtel à 6h18. ou 19 ou 30 - selon les sources consultées. Quoi qu'il en soit, je suis sur place à 6h30.
Arrive une jeune fille. Elle me demande quand part le bus. Je le lui dis.  Elle repart. Ensuite elle revient puis elle se jette sur moi et tente de m'arracher mon sac à main. Je me défends, elle n'y arrive pas, mais alors  une autre fille s'amène et celle-ci s'empare de ma valise. Je me défends toujours contre les attaques de la première. En bas, une voiture s'arrête. Je crie au secours. Mais je comprends très vite que le jeune homme dans cette voiture est complice des deux filles qu'il supervise sans doute.

Les deux filles fuient avec ma valise sautent dans une voiture et s'en vont. Je cours vers l'hôtel, de peur que dans une nouvelle attaque on m'arracherait pour de bon la bourse.
Une fois de retour à l'hôtel, j'appelle la police, je dois expliquer au moins 3 fois la même chose, alors que je sens comment mes forces s'évanouissent. Finalement on m’emmène au commissariat pour déposer la plainte. C'est froid, c'est la routine et on me fait comprendre que mon état de choc est exagéré.
Lentement je prends conscience des dégâts : dans le coffre il y avait la clé de ma voiture garée à la gare de Bains. Il y avait aussi la clé de l'appartement de Bâle, où je rentrerai lundi soir.

Il y avait aussi - je ne suis pas sûre - mon passeport. Mon tout nouveau passeport, sponsorisé par le lions Club Bains-les-Bains. Celui qu'il me faudra pour mon voyage aux USA dans pas deux semaines. Si c'est le cas, alors ce voyage aura été saboté lui aussi avec cette agression. Lundi je saurais si ce passport ce trouve quand même à l’appartement à Bâle.

Et puis bien entendu, il y avait des dessins originaux, dont nombre réalisées sur le pèlerinage Aldo Moro. Des cartes postales fraîchement imprimées, des Riverboat. Et mes outils de dessin, un nouveau bloc de papier aquarelle et avant tout, la boîte à aquarelles. Elle seule vaut 150 Euros avec les godets que j'avais acheté en plus.
Il y avait des dessins entamées, la planche actuelle de Riverboat, la nouvelle carte Georgie, un dessin pour un client...
Bref, toute ma "fortune" actuelle. Car j'avais depuis longtemps préparé ce voyage.

Mais tout ça, ce n'est pas le pire...Le pire et cette agression, la perte de ce que le contenu du coffre représente pour moi, ma vue intime. Je me sens violée. Tout simplement.

Je sais que les voleurs vont être "déçus" du contenu, car éh oui, bande de connes et de connards, une artiste dans la précarité n'a pas de bijoux. Il n'y avait pas non plus d’appareil photo, une tablette ou un Iphone dans ma valise . Il n'y a que des dessins et des cartes postales et BD imprimées avec le peu de revenues que j'ai. Ces dessins, ces BD, vous allez les jeter quelque part, comme quoi vous auriez très bien pu me les laisser.
Pour moi, ils représentent mon monde, ma vie intérieure et tout ce qui m'est cher.

Il y a ce changement intérieur que je ne peux pas contrôler, cette angoisse, ces montagnes russes entre les reproches à moi-même et à autrui. J'ai peur de sortir et en même temps je haïs cette chambre d'hôtel qui est, comme je l'ai écrit initialement, comme un cachot. Je me sens en prison alors que ce sont les agresseuses qui devraient être en prison.
J'aimerai sortir AVEC quelqu'un, boire un chocolat chaud en compagnie de quelqu'un qui me pardonnera que je pleure et qui me dit que tout va s'arranger.

Je regarde à travers la petite fenêtre carré, dehors sur les containers qui débordent et les ordures qui traînent partout sur la chaussée dégradée et trouée. Stains est tout simplement un trou dégueulasse.

Mon avion décollera lundi pour me ramener d'abord à Bâle, d'où je retrouverai mes Vosges chéries le mercredi. Et vous, les agresseurs, vous resterez ici dans la merde misérable, puante  de votre trou crasseux.










lundi 12 juin 2017

Midsommer

Juin - la lune des fraises, la nature est en plein épanouissement. Le matin, dès que je reviens de la cure à bains-les-bains, je vais au jardin. M'y attend plus de travail que je ne puis assumer avec mes forces limitées. Et pourtant quel bonheur ! la récolte des fraises est sensationnelle ! Celle des groseilles aussi. Tout le boulot a été plus que récompensé. Et puis il y a cette béatitude à travailler la terre de ses mains, l'univers des senteurs.

Le Giardino, ce petit coin dédié à Aldo est magnifique lui aussi. Bien qu'il ne soit qu'une ébauche de ce que j'ai en tête.

Des Roses blanches pour Aldo

Jardin sauvage

Mais aussi devant la maison la nature évolue : Beppi, le marronnier que j'ai fait grandir à partir d'un marron ramassé à Bâle dans le Schützenmattpark, est devenu un vrai arbre. Et cette année, il a fait une toute première fleur:


Donc en cet automne, les premiers marrons tomberont-ils sur mon sol ?
Tout porte çà croire.

Poptart et Smarty, les deux nouveaux membres de la famille se sont bien intégrés au sein de la maison et des autres chats.
Que j'aime cette période entre le 29 Mai (anniversaire de JFK ) et le 21 Juin (Litha, le solstice d'été). Les jours du Midsommer  sont d'une légerté sans pareil. Tout est en mouvement, volatile, passager. Mais d'une douce allegresse. 


samedi 27 mai 2017

En route pour Xertigny

Me voici donc sous la tente, avec Gamin broute à côté. Comme au bon vieux temps du pèlerinage. Nous avons parcouru environ 15 kilomètres pour faire le trajet Harsault - Xertigny tout en empruntant des chemins forestiers et champêtres. Avec la chaleur, cela nous a rapellé la Toscane.

Je suis vraiment crevée. Mais heureuse. La lumière douce du soir est accompagné par le chant des grillons et nous avons tout ce qu'il faut. 
C'est vraiment comme au pèlerinage, sauf que je n'ai pas de but aussi lointain, ni aussi transcendant, mais pourtant, je sens bien qu'Aldo est avec nous. Lui qui adore les grands espaces les soirées au bivouac.
Demain donc nous serons à notre stand du comice de Xertigny. C'est la toute première fois que nous participons en tant qu'exposants. Je manquerai pas de vous raconter comment cela a été.

dimanche 21 mai 2017

Soirée de Chansons sous la Yourte

Si vous avez manqué le concert d'Adéline et Pierre sous la Yourte, vous avez raté quelque chose. Vraiment.

Je ne sors que rarement, ayant un besoin irrésistible de me retirer, le soir venu, dans mon nid et fermer toutes les portes. Mais cet événement en valait la peine.

Adéline et Pierre étaient venus jouer et chanter des chansons de Brassens (première partie) et de la chansons française mixte dans la seconde partie. L'entracte  était un peu anticipée il me semble, sans doute parce que le public avait faim et les délices du repas partagées étaient trop alléchantes pour attendre encore plus longtemps.
Les deux interprétés chantaient vraiment bien. Le tout était du "unplugged", pas de gros matos genre amplificateur à vous casser les tympans. Juste voix et instruments. Dans le micro-cosmos de la Yourte cela crée un effet très fort.

Ce fut une ambiance d’allégresse, d'intimité et de bonheur partagé.  Je suis persuadée que ce format  va avoir beaucoup d'avenir.


Merci à l'associationCoeur de Yourte, à Adéline et Pierre et tous les spectateurs pour cette soirée de bonheur.

lundi 1 mai 2017

R.I.P Tick Trick et Track

Tous les matins, dès que je mettais un pas devant la porte, j'entendis les trois poules gargouiller et papoter. Elles demandaient leur petit déj' !
Pas il y a deux jours. Silence total. Je m'approchais de l’enclos, avec un très mauvais sentiment. Toujours rien qui bouge.

je les appelais. Rien. Sur la terre, des plumes. Beaucoup. parfois seules, parfois des petits tas.

En avancement encore plus je vis cet endroit du grillage déformé, forcé. Des plumes étaient accrochés à gauche et à droite.

Tout était clair: Un intrus, probablement une fouine, a pénétré dans l'enclos et a emporté le trois braves filles. Elles ont été tirées à travers le grillage.

Je ne suis pas la première propriétaire de poules à qui ça arrive et je ne serais pas la dernière. Déjà en Allemagne, il y a plus de 20 ans maintenant, Maître Goupil nous avait volé notre fier coq Fridolin, puis les poules, l'une après l'autre.

Toujours est il que cela fait assez mal Ce silence pesant dans l'étable et l'enclos...

Un sac de nourriture même pas ouvert.

Je vais renforcer l'enclos. Ajouter un grillage que j'enterrerai au moins 30 cm dans la terre dans une tranché où je coulerai du béton. Et au printemps prochain, je prendrai des nouvelles poules. Entre temps, il va falloir le supporter, ce silence.




mercredi 29 mars 2017

Le réveil printanier


Ces jours ensoleillés pleins d’allégresse - quelle merveille. Les nuits de gel avec jusqu'à - 17 sont désormais bien loin. Tout fleurit, tout s'épanouit et le jardin appelle à la labeur.




Cette légèreté d'être à pour effet que je suis plus indulgente envers moi-même. Je me pardonne mieux le fait que je n'arrive pas à assumer la progression de tous mes projets aussi rapidement que prévu. Ma To-Do Liste reste souvent qu'à moitié accomplie.
Mais je pense aussi souvent à Aldo . La mélancolie ternit alors les lumières du printemps. Je compte les jours depuis le 16 mars, depuis "qu'il est prisonnier" et je compte combien il lui restent de jours jusqu'au  9 mai, jour de sa mort. Il y a encore tout le mois d'Avril à passer...
Des pensées noires inutiles. Même si il me paraît certain que ces semaines de calvaire ont laissé leur empreinte dans le temps, que s'est crée une pesanteur que l'on peut ressentir chaque année quand se renouvelle la période respective, j'entends aussi, tout au fond de moi, Aldo qui me dit qu'il n'est plus prisonnier. Qu'il vaut mieux savourer le printemps, ensemble. Avec lui, avec les autres, avec tous les âtres proches, qu'ils soient visibles ou invisibles.



Ce matin, je suis allée à l'étang des cailloux, avec Gamin. On a encore de l’entraînement à faire, avant d'être prêts pour "Deep Forest 5". Gamin maîtrise encore parfaitement son boulot d'âne de bât, mais tout comme moi; il doit se refaire les muscles, se libérer de la raideur de l'hiver.



L'étang lui, ne fait que se réveiller. Il y a encore très peu de végétation, mais une sorte de tension qui plane sur les eaux. 

dimanche 19 mars 2017

Des plans, des projets

Le printemps réveille les ambitions. Celle de planter le plus beau jardin de tous les temps, de réaliser encore plus d’idées et de projets artistiques et avec tout ça, l’envie de voyager. 
L’envol vers les Etats Unis en Juillet pour rejoindre Donna Barr au Clallam Bay Comicon est certainement le projet le plus notable.
Un mois avant, en Juin j’irai aussi au traditionnel Festicart’ à Enghien Les Bains. Une manifestation devenue un “must” même si les frais dépassent largement les gains. 

En automne (Octobre) je vais peut-être faire Arlon. Mais cela dépend de la situation financière.

Et Gamin dans tout ça ? Lui aussi, il voudrait reprendre la route, je le vois bien. Après notre retour du pèlerinage Aldo Moro dans les Pouilles, nous avons tous les deux savouré le repos, la vie sédentaire avec un toit en dur. Pendant très longtemps. Mais maintenant, peu à peu, l’appel du lointain se refait entendre.

On se dé-rouille de la raideur de l'hiver


Non, ce ne seront pas des milliers de kilomètres ni des mois, mais vous prendriez bien deux petites centaines de bornes?

Oui. Alors nous revoilà engagées dans l’entraînement pour un projet appelé “Deep Forest 5” qui démarrera mi-Août et qui nous mènera sur le GR 7, puis 5 en route vers l’Alsace. Destination : Le Mont St Odile. Je pense y arriver vers la mi-Septembre. Retour ensuite en remorque - là, il me faudra quelqu’un qui serait prêt à venir nous récupérer.



Je passerai donc mon anniversaire quelque part dans la montagne. Après tout ce n’est pas nouveau. Et je serais rentrée avant le 23 Septembre, jour de l’anniversaire d’Aldo qu’on passera au chaud à la maison.

Bref que des plans et des projets; Nous verrons les quels défieront les obstacles et les aléas de la vie. Car comme le disait JFK : “Tout est incertain et qui sait ce qui va être”, 

mercredi 8 mars 2017

Journée de la femme

Parfois, il m'est plus facile de m'exprimer en anglais.


A womans prayer on March 8
Don’t give me flowers, I need RIGHTS.
Don’t give me rights, because I already own them naturally.
RESPECT these rights!
Don’t opress me in the name of your religion.
No God ever said women should be opressed,
MEN said that. MEN wrote it down into their unholy books.
Don’t tell me your politcal side will save and protect me.
Because, each in your own way,
you ALL agree on the concept of female inferiority.
Left-Liberals are silent on womens opression in Islam.
Right-conservatives agree on the the opression by itself
BOTH are silent on Anti-Woman laws in Russia,
BOTH are silent on Womans opression in Saudia-Arabia.
Don’t tell me not to be a “feminist”, because feminists are unsexy.
I give a flying Fuck if you think I’m sexy or not.
I don’t need your sympathy,
I just need freedom
It doesn’t matter WHO - if you want to take my rights away, I’ll fight back.
My weapons are loaded 365 days a year.



mardi 7 mars 2017

Premiers bourgeons


Quincy, mon cognassier se réveille. Il commence à bourgeonner, malgré le vents froids qui cravachent toujours la douce pente sur laquelle s’étend mon jardin. Il a apparemment bien passé son premier hiver chez nous.

Les nuages noirs s'alternent sans cesse avec des éclaircis, le soleil et le vent. Le printemps arrive et bientôt nous fêterons Ostara, l’équinoxe du printemps.

Tout comme le ciel, je suis d'humeur aléatoire. Pleine de confidence et d'énergie en un instant, accablée par une tristesse et une fatigue lors du suivant.

Pourtant, le premier objectif artistique de l'année est atteint : Riverboat 4 est sorti!



Vous pouvez vous le procurer directement ici: http://www.kennedyworld.net/fr/riverboat.htm

Et me voilà partie à fond sur la travail pour le numéro 5, qui s'intitulera "Les écluses du Ciel"


samedi 4 février 2017

L'inégalité est une réalité

"Comment est-ce être une femme dans le monde de la BD?"
"Votre thème est un peu étrange pour une femme"
"Oui on voit bien votre coup de crayon typiquement féminin".
"Ah, c'est VOUS qui dessinez tout ça"?

Liste non exhaustive...

Le Bullshit-Bingo des ténèbres est bien connu par toutes les dessinatrices de BD et se voit régulièrement complété sur chaque salon, festival ou autre manifestation.

Le monde de la BD est un monde profondément machiste.

On est toujours dans la m...

La grande majorité des auteurs de BD est masculin, la grade majorité des lecteurs aussi.
ça commence avec le contenu des BD proprement dit: Soit le femmes ne sont pas présent du tout ou très marginales, des auxiliaires, souvent avec un rôle négatif. Prenons les albums de Tintin: La seule femme ayant un rôle au delà de celle d'une passante dans la rue est la Castafiore.

Une des BDs que j'ai aimé lors de mon enfance fut "Aurore et Ulysse", les deux centaures de la plume de SERON. Même si Aurore et mentionnée en premier, dans les histoires elle reste à l'ombre d'Ulysse.

En 1993, j'avais eu la chance de rencontrer Seron lors du salon de la BD à Zürich. Lors du souper, je lui demandais pourquoi Aurore est toujours passive. "Ah c'est normal, c'est une fille, donc elle subit" répondait-il.

Les femmes, c'est gosses, lit et cuisine

Avec le temps, le monde de la BD a vu davantage de personnages féminins. Mais ce ne fut pas l’émancipation espéré du concept d'un personnage principal féminin, mais plutôt celle des fantasmes masculines :
Toutes ces héroïnes qui manipulent des épées, des mitraillettes ou autres armes, la bouche toujours semi-ouverte, ce sont des fausses héroïnes, parce que elles sont plus occupées à prendre une pose "sexy" que de combattre leur adversaire.

Des seins atomiques? Non. L'arme d'une femme - reste un bon revolver


Ces stéréotypes hyper sexualisées, La représentation de la femme dans la BD est de plus en plus critiquée. Une critique qui est violemment rejetée par les dessinateurs concernées et leur fans. On crie l'alerte à la censure et souvent les insultes les plus basses sont au rendez-vous. Et pourtant:

" Il ne faut absolument pas confondre la demande de prise de conscience, de réflexion et de débat sur ce sujet et une demande de censure prude. La lassitude à voir ce genre de représentation dominer depuis des décennies n’inclut pas le fait de prétendre les interdire.

Simplement : sexualiser des personnages féminins à la moindre occasion, sans le faire avec le masculin, c’est sexiste. C’est de l’objectivation. Érotiser un personnage féminin dans un contexte absolument pas érotique, c’est de l’objectivation."   

Laetitia Coryn  - " Entre objectivation et invisibilisation, tu choisis quoi ?" *
Non, un ventre à poil n'est pas encore "sexualisé"


En effet. Personne ne parle de censure et d'interdiction. Je suis consciente que dessiner, c'est aussi un acte sensuel. L'artiste qui a un besoin érotique à exprimer a le droit de le faire. Des corps, des poses, des situations peu réalistes ? L'art est là pour permettre de visualiser les fantasmes.

Après tout, je suis tout pareille. Je dessine Aldo et JFK bien évidement avec un œil et une main sensuelle. La seule différence à priori, est celle que mes personnages n'ont pas besoin d'avoir le cul ficelé par un String pour me faire ce que font ces dames à leurs dessinateurs mâles.

Ils sont sexy pour moi tout en restant d'abord des individus.
Il est tout beau


L'inégalité serait elle au final, dictée par la nature ? Il est vrai que l’objectivation n'est pas un besoin chez la femme, au contraire, nous sommes, pour la grande partie, toujours à la recherche d'un concept holistique de l'individu. La mise en avant de certaines parties du corps, des fesses, des poitrines sans visage - ça ne nous intéresse pas.

On pourrait presque se dire : Bon, ben c'est comme ça, chacun dessine ce qu'il veut. Liberté artistique pour tout le monde.

Le problème est que cette liberté que les auteurs masculins revendiquent pour eux - férocement sans le moindre compromis, ne nous est pas accordée, à nous...

Combien de fois me suis fait questionner : "Mais pourquoi en tant que femme, tu dessines des hommes?" (hein?)
Ou :  "Tes hommes sont vraiment d'un point de vue féminin, ça se voit". Avec un ton qui sous-entend qu'un "vrai" homme ne s'y reconnait pas.
La masse des personnages féminins absolument irréalistes dans la BD, qui outre de leur absurdité présentent un caractère blessant et abaissant,  ne représente  donc aucun problème, mais des personnages masculins "vu par une femme" oui...

Dans RIVERBOAT le scénario prévoit les retrouvailles d'Aldo et de JFK après leur séparation près du puits.
Vous allez rire, (ou pleurer) mais ça fait des jours que je me casse la tête jusqu'où je peux aller dans la représentation. Ils vont se prendre dans les bras. Horreur!  Même si je renonce à une bise,  je sais déjà qu'il va y avoir des commentaires acidulées, sous entendant c'est immoral, faux, inacceptable. Au cours des 30 ans que je fais de la BD, rien n'a changé.

Alors j'essaie de trouver une pose pas trop "forte" sans pour autant trahir ce qui est en moi...

Et pendant que je réfléchis avec soin où poser tel ou telle main sans que cela ne dépasse les "limites" imposées par le consensus universel, des centaines de dessins sont publiés où des femmes se livrent à des interactions sexuelles plus ou moins prononcées, dans des situations risibles, sans  base émotionnelle, pourtant indispensable pour une femme.
Personne ne s'en offusque, car étrangement, les lesbiennes dans l'art sont les seules à ne pas être concernées par l'homophobie.
Scène à scandale - c'est prévu pour Riverboat 5


Bon, je sais bien que nous ne parlons pas du même genre de BD.
RIVERBOAT étant une BD tout public, personne n'y mettrait des scènes explicites comme dans une BD dite "pour adultes.

Mais je SAIS qu'un dessinateur masculin à qui on confierait RVERBOAT mettrait Misses Sweener et Sigrid Bogenfelde en mini-jupe avec des seins énormes coincées dans un bustier trop étroit et supprimerait totalement le rôle de Claire Lamarne (trop grosse, trop intelligente). Et ça passerait. Oui, sans problèmes.
Alors que moi, voilà, je cherche toujours comment représenter un instant de tendresse entre JFK et Aldo sans que cela ne heurte les âmes "sensibles".

Et ça, ça me peine.

* Lisez cet excellent article sur le site du collectif des dessinatrices de bande Dessinée contre le sexisme :
http://bdegalite.org/objectivation-invisibilisation/