Diana Kennedy, artiste-auteur située dans les Vosges.
Affichage des articles dont le libellé est réflexion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réflexion. Afficher tous les articles

vendredi 29 décembre 2017

Les bougies d'Antan

J'espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes.

En ces derniers jours de l'An 2017 qui a été bien mouvementé, voici quelques pensées que j'ai déjà publié sur facebook.

Notre noël de cette année a été particulier. Premièrement, grâce au gain de place dû à l'aménagement de ma chambre et la réorganisation du salon, l'arbre n'était plus coincé entre la porte et le poêle. Toutes les années précédantes, il a  bouché le chemin et n'offraait plus que peu de branches libres pour les boules.

Deuxièmenent : les bougies !
Il y a quelque temps, mon amie Gaby  me ramena un sac rempli d'anciens paquets de bougies qu'elle avait trouvé dans une brocante. Des paquets entiers, presque indemnes qui m'étaient plus que familiers, puisque ce sont ces bougies qui ont illuminés les noël de mon enfance.

Dans le sac de Gaby il y avait donc des paquets que je pus identifier comme étant des années 50, 60, 70 et un des années 80.


Chaque paquet portait même encore une étiquette de prix...Témoins de l'inflation au fil des décennies. Les bougies des années 50 ont coûté 0,80 centimes. L'emballage est en carton non laminé, avec une ouverture perforée sous forme de sapin sur le couvercle. Dedans on y trouve un petit carton avec les paroles d'une chanson de noël. Luxe et modestie n'en font qu'un.

En ouvrant la boîte je découvris, au milieu du lot de bougies inutilisées, une bougie déjà à moitié brûlée.
Quelle découverte émouvante : Quelqu'un avait donc pris le soin de ranger la demi bougie dans son carton, en vue d'une utilisation ultérieure. Esprit écolo, anti-gaspille, comme nous dirions aujourd'hui. A l'époque, ce fut tout simplement normal de prendre soin de ce qu'on a. Les 0,80 cts du paquet ne représentaient pas rien.

Le soir du 24 décembre, cette demi-bougie était à l'honneur. Seule sera sur la table, pour illuminer les plats. Après plus d'un demi siècle, sa flamme, messagère d'une autre temps et du paradis perdu de l'enfance, éclaira la soirée.




mercredi 8 mars 2017

Journée de la femme

Parfois, il m'est plus facile de m'exprimer en anglais.


A womans prayer on March 8
Don’t give me flowers, I need RIGHTS.
Don’t give me rights, because I already own them naturally.
RESPECT these rights!
Don’t opress me in the name of your religion.
No God ever said women should be opressed,
MEN said that. MEN wrote it down into their unholy books.
Don’t tell me your politcal side will save and protect me.
Because, each in your own way,
you ALL agree on the concept of female inferiority.
Left-Liberals are silent on womens opression in Islam.
Right-conservatives agree on the the opression by itself
BOTH are silent on Anti-Woman laws in Russia,
BOTH are silent on Womans opression in Saudia-Arabia.
Don’t tell me not to be a “feminist”, because feminists are unsexy.
I give a flying Fuck if you think I’m sexy or not.
I don’t need your sympathy,
I just need freedom
It doesn’t matter WHO - if you want to take my rights away, I’ll fight back.
My weapons are loaded 365 days a year.



mercredi 1 février 2017

La lourdeur


les jours passés ont été très durs, avec le gel sévère. Stocker de l'au dans des bouteilles que l'on remplit à chaque fois qu'une occasion se présente - une telle situation m'est encore familière de la traversée des Montagnes liguriennes ou encore des champs désertiques de la Toscane. 

Et le gel a fait des victimes : Après la machine à laver, c'est le robinet d’extérieur qui a pété hier nuit, inondant ma cave. Celle-ci, ayant déjà été une descente aux enfers noire et horrible, n'est pas devenue plus accueillante sous la flotte. 
L'humidité monte et a détériorée la trappe en bois, pourtant assez neuve, qui couvrait le trou. Encore un pas en arrière, encore une rechute.

Je suis très fatiguée et me sens souvent surmenée, au bord de l'épuisement. A ceci s'ajoute la culpabilité : Tu n'as pas assez travaillé, tu devrais faire ci, tu devrais enfin faire ça.

Mais je continue quand même à travailler sur mes projets. RIVERBOAT 4 sera bientôt prêt à partir chez l'imprimeur ! Et je continue sur les films. : Crazy Race, Thyla et les autres.


Dans mon esprit, je visualise ce grand instant, quand Thyla sera présente au cinéma de Bains-les-Bains.
Entre temps, vous êtes invité à suivre le processus de réalisation qui durera encore, bien entendu.

samedi 14 janvier 2017

06.07.2017 8h15

...Date et heure de départ du vol à Bâle-Mulhouse vers Seattle, avec escales à Francfort et Las Vegas.

Eh oui, ça y est, le billet est acheté. Grâce à vous tous qui m'aviez soutenu, avec des petites et des *ahem* très grosses contributions.

Vous serez tous avec moi, ce jour là, dans mon cœur, dans mes pensées. Je ne partirai pas seule. Et je nous ramènerai des photos, des écrits et des anecdotes que nous partagerons lors d'une conférence-apéro à Bains-les-Bains. On va faire la fête!

Le 20 janvier je serai à Strasbourg pour demander un nouveau passeport à l'ambassade allemande. Oui, car bien qu'étant née en Suisse, avec un père américain, que je suis résidente française (et française-vosgienne de coeur) j'ai de fait, la nationalité allemande. Héritage d'un mariage qui date d'il y a 25 ans maintenant et qui m'a apporté la naturalisation allemande. L'Allemagne n'acceptant pas la double nationalité de nouveaux citoyens, je fus d'abord déchue des mes anciennes.

Comme quoi, c'est un peu compliqué de s'y retrouver.

Après, il me faudra décorer mon nouveau passeport avec un visa américain. Tout ça est coûteux, mais là encore, soutien et solidarité pur: Le Lions Club de Bains-les Bains prend la relève.

Ce qui fait que, une artiste vivant dans des conditions les plus modestes, va se retrouver dans un vol transatlantique en Juillet  pour aller présenter "La bête des Vosges" et "Riverboat" au ClallamBay Comicon.

Le 20 janvier sera une autre date notable: La prise du pouvoir du nouveau président Trump. Troll sur Twitter redouté, personne ne sait vraiment ce que l'on peut s'attendre du règne d'un président qui a fait de l'incivilité son style de vie.

Quel pays seront les Etats Unis en Juillet ? Nous ne la savons pas.









mardi 10 janvier 2017

Pas froid au crayons ?

La première chose que je fais le matin, dès que je suis sortie du lit : raviver le feu au poêle !

Eh oui, nous passons une période de froid très sévère. On a beau à se dire que le paysage enneigé est très beau, que le sol gelé fera du bien au potager, que ça va décimer les nuisibles, c’est assurément une saison pénible, surtout si on habite un logement vieux et mal isolé.

Tout se fait au ralenti, les tâches ménagères, les démarches quotidiennes et même la création artistique. Je fais la navette entre l’ordinateur où je travaille sur les scènes de dessin-animées et le canapé où je dessine sur papiers: Les planches de Riverboat ou des décors de films. Ou encore des illustrations sur commande. L’inspiration tourne au maximum, aucune perte de performance de ce côté là. Mais les doigts semblent plus lents, plus rigides. Un café, aller aux toilettes, tiens- il faut remettre une bûche -  Toutes les excuses sont bonnes pour faire une petite pause.

 Je me rends compte que je préfère dessiner des scènes hivernales en été et vice-versa. On veut toujours ce qu’on a pas.

 Et vous ? Comment l’hiver influence-t-il votre quotidien, notamment votre activité artistique ?



vendredi 7 octobre 2016

L'éteau

Beau texte à méditer dans ce blog:
Que dire ? Le problème est que les Bijoux de la Kardashian FONT le buzz. Alors que tout le monde devrait s'en foutre de sa camelote de merde et tourner le regard vers les vrais drames. Oui, le fric aujourd’hui a une sale gueule à claques. Au moins dans les temps passés, par moment, la richesse avait du style. Le Roi Louis 2 de Bavière a été un excentrique détraqué quand il a construit son château de Neuschwanstein. Mais bon, avec les touristes que ça attire depuis, il rend au moins la richesse au peuple bavarois. Alors on ne rouspète pas ou plus. On peut le voir comme un artiste. Mais aujourd'hui, la vulgarité est en effet à la mode. Les pauvres ne crèvent plus à côté des calèches élégantes lme visage trempé dans les crottins des carrossiers, mais à côté des bagnoles 4x4 d'asociaux grossiers et incultes. C'est comme ce qui se passe en Pouilles maintenant: Un investisseur riche du nom de Briatore, avait dit: "Les riches ne veulent pas d'olivers, ni de nature ou de culture. Ils veulent des SPAS de Luxe et des yachts, il faut donc construire ça en Apulie. " Depuis des semaines on s'indigne à cause de ces mots en Pouilles. AU MOINS on s'indigne... Il a pourtant raison Briatore, avec son évaluation de ce qui est au goût de sa clientèle. Malheureusement. Le problème est que, il n'y a pas que les riches qui ont des goûts vulgaires. Nombre d'eux ont le sou justement, parce que les gens "moyens", voire les pauvres, raffolent de la vulgarité. Une Kim Kardashian a des bijoux qu'on peut lui voler, parce que ce qu'elle fait, plaît aux masses. Fini le temps quand que les auteurs de BD pouvaient vivre et nourrir une petite famille avec la création d'un album par an, publié dans Spirou ou Tintin, puis en livre cartonné. Aujourd'hui ils vivent dans la précarité absolue et nombre d'entre eux sortent même de La Maison des Artistes, en d'autres mots, pètent leur retraite, parce que les cotisations dépassent 3 fois les revenus. C'est aussi parce que le temps passé devant les émissions de télé-réalité est jugé mieux investi que celui qu'on passerait à lire un album. Je me juge heureuse que je puis faire la résistance avec vous, vous qui êtes lecteurs de Riverboat ou d'un autre de mes livres. Vous qui préférez passer votre demi-heure de détente avec John, Aldo et Mallie au lieu d'une connasse à la télé. Vous qui savez rêver.




samedi 3 septembre 2016

Qui sème la merde...

Voici ce qu’on m’avait remis à Maglie:



La fin de mon pèlerinage le 15 Novembre eut en effet eu lieu deux jours seulement  après les attentats de Paris. Mon “jour de gloire” fut sous l’ombre d’une grande tragédie.
Mais la vague de compassion de la part des Italiens était bouleversante. Ce petit cœur crocheté dans les couleurs françaises était un de leurs innombrables message de soutien. Je l’ai encore avec moi, je le prends en main et je sens toute la chaleur de ce jour là.
Si dans les lointaines Pouilles ont pleure sincèrement les victimes de Paris, me suis-je dit, il y a espoir dans ce monde de plus en plus froid.

Entre temps, le malheur a frappé l’Italie sous forme de ce terrible séisme. J’aurais espéré que le même message de solidarité et de condoléance qu’on m’avait jadis offert, retrouve maintenant au sens inverse, le chemin vers l’Italie.

Mais non. A la place de ça, il y a ce dessin dans Charlie Hebdo.Une grosse claque haineuse en plein dans la figure.

Je ne reproduirai pas le dessin en question ici. Mon blog a des impératifs de qualité minimum.

Vous pouvez aller le googler. En résumé, il représente un couple italien plein de sang et de blessures, ainsi qu’un tas de corps sous les décombrs et i l y est marqué: “lasagne, Penne tomate etc. Déshumanisation en faisant des victimes des plats italiens.
Depuis, je me tue à expliquer à mes amis italiens que ce n’est pas “la France” qui dit ça. Qu’un grand nombre de Français trouve ça aussi dégueulasse que moi.

Beaucoup comprennent, d’autre moins et certains se sont pris de haine et de colère envers tous les français.
Et toujours la même question désespérée :  “Pourquoi ? Pourquoi vous faites ça ? Nous avons pleuré avec vous lors de vos heures de douleur et vous nous retournez ça?”

Et je n’ai pas d’explication.

La satire, c’est s’en prendre aux forts, c’est l’irrespect du pouvoir, des institutions. C’est la critique d’une chose, d’une idée, d’un mouvement critiquable.
Mais, putain de bordel, qu'il y-t-il à critiquer chez des gens qui ne vous ont jamais fait le moindre mal, des gens comme toi et moi qui ont été écrasés entre les murs de leurs maisons ?

“la satire peut tout faire” m’a-t-on dit. La satire, oui. Mais là, ce n’est pas la satire. C’est du cynisme, c’est de la méchanceté.

Mais parlons-en des excuses. Faisons la liste des plus entendus:

La soi disante hypocrisie :

*Tiens, avant, vous étiez tous Charlie et plus maintenant?

Plait-il? Je ne savais pas qu’en disant "je suis Charlie" en janvier 2015 on signait un engagement comme quoi on ne critiquerait plus le journal pour au moins 100 ans.

Pour mémoire: “Je Suis Charlie” voulait dire: Je suis pour la liberté d’expression *même* si ce qui est exprimé c’est pourri comme c’est pas possible. JeSuisCharlie voulait dire: “Je ne suis pas d’accord qu’on assassine des personnes parce que’on aime pas ce qu’ils dessinent.” ça voulait aussi dire:" Je ne veux pas que des dessinateurs soient contraints à s’autocensurer, parce qu’il y a des menaces de mort ou parce que des arriérés brûlent des ambassades au moyen orient."

JeSuisCharlie ne veut PAS dire qu’on est obligé d’aimer ce qu’ils font.


* Ah, parce que offenser les musulmans c’est ok et les italiens pas ?

Une religion revendique de la visibilité et de l’influence sur notre vie quotidienne - il est normal qu’il y ait un retour sur ces revendications. Comme quoi se moquer d’une religion et de ses contenus fait partie du débat dans une société.
Les victimes du tremblement de terre n’entrent en rien dans cette catégorie. Des gens comme vous et moi qui n’ont rien demandé et qu’on piétine dans leur malheur.



Les thèses égoïstes

* Si t’aimes pas, t’achètes pas, tu lis pas.

Vous rigolez ? Coucou, c’est le 21 ème siècle qui parle !
Pas besoin d’acheter Charlie à l’ère de facebook et autres réseaux sociaux pour être confrontées avec ses dérives. Qu’on le veuille ou non. D’ailleurs le maire et la population de Amatrice ont été au courant seulement quelques heures après la publication. Comme quoi, on confronte des gens qui sont en deuil, assis dans des tentes à côté des ruines de leur vie avec ce dessin abject.

* Moi j’ai trouvé marrant.

Oh je sais qu’il y en a qui trouvent ça rigolo. Il y en a aussi qui se poilent à la vue des photos des chambres à gaz ou pour les quels une vidéo de décapitation signée Daesh, c’est la grosse rigolade.

Je sais que je quitte l’objectivité là, je le fais en toute conscience:
Franchement, si ça vous fait rire, il y a quelque chose qui tourne pas rond dans votre tête. Allez voir un psy, mais ne demandez pas à ce que votre perception malade soit vu comme un argument valide.

Je ne vous cache pas que ça me fait chier à un niveau stratosphérique qu’un dessin bâclé, niveau fanzine photocopié des années 1980 a été mis dans une position où il a pu créer un impact de souffrance aussi important.
 Et je sais bien que c’est pas Charlie qui va s’excuser. Il vont poster un “le dessin satirique expliqué aux cons”. Encore un. Si au moins ils le nomeraient “expliqué par des cons” ce coup-ci.

Ne nous y trompons pas: L’amitié franco-italienne a pris un sacré coup. Il faudra du temps pour réparer ça, pour soigner les plaies. Je suis effarée et je ne peux, pour le moment, que m’excuser en tant que résidente française et “fumettista”.


lundi 8 août 2016

La figue

En cette saison , il y a une année, je dégustais les figues mûres cueillies directement des arbres. En Italie.
En honneur de ce souvenir, je voulais absolument avoir des figuiers...chez moi.


Au début de l'année j'ai donc commandé deux figuiers chez Graines Baumaux, tout en prenant soin de choisir une variété adaptée pour le nord de la France. J'ai aussi pris deux Grenadiers, également en hommage aux grenadiers apuliens.

Je donne des noms à tous les arbres. Ces quatre "italiens" ont donc été baptisées Aldo et Noretta pour les deux figuiers et Fabrizio et Giulia pour les deux grenadiers.


Aldo et Noretta

Reste la problématique du climat vosgien. J'ai donc préféré de les planter d'abord dans des pots, afin de pouvoir les rentrer en cas de gel vraiment sévère.

D'ailleurs, Noretta a fait la gueule pendant un certain temps parce que je l'avais mise dehors en premier. Elle avait quelques nuits de gel assez incommodes à supporter pendant qu'Aldo était encore à l'abri à l'intérieur de la maison.
Elle avait donc longtemps du retard sur lui. Mais en cours de l'été, elle l'a rattrapé.

je ne m'attendais pas à avoir une récolte cette année, la première année. Et même plus tard... On dit que les figuiers au nord produisent des fruits, mais souvent, ceux-ci ne mûrissent pas, faute de chaleur suffisante. Tant pis, j'accepte ça. L'important c'est qu'ils soient là, qu'ils embellissent ma demeure.

Aldo avait fait une petite figue. Une. Pendant tout l'été ce fruit a grossi et il y a quelques jours, je constatais qu'il avait la couleur et la consistance d'une figue mûre..


Je l'ai donc cueilli - et surprise! Elle était succulente.
Petit cadeau tendre d'Aldo, Aldo le figuier et Aldo l'âme bien aimée. Aldo Moro qui adorait se balader entre les figuiers, les cueillant et les mangeant en famille et entre amis.

La nature immortelle nous aider a nouer et à garder les liens.




Et puis, il y a JUNA et les autres buissons de courgettes. Après ce jour maudit quand la grêle les a hachés, Ils se sont resaisis. Juna me gave de courgettes !
Lentement, ses feuilles deviennent un peu pâles. Elle est fatiguée. Elle va encore passer les nuits sous les étoiles filantes, assister à la fin de l'été  et puis quand ses feuilles se faneront pour de bon , elle ira au repos, redevenir terre.
 Je crois sincèrement que son esprit restera dans le jardin. ,Qu'il se réveillera le printemps prochain pour apporter sa force et sa vitalité à une nouvelle génération de plantes.




mardi 14 juin 2016

La grisaille

Il pleut.
oui, il pleut et je ne vous dis rien de nouveau.

Il a aussi plu à Enghien les Bains, où s'est tenu le Festicart' 2016.

700 visiteurs, c'est un plus par rapport à l'an passé. Certains y voient déjà un signe que la course vers l'abîme a été stoppée.

Peut-être pour certains, mais pas pour tous.
L'illustration réaliste et semi-réaliste, les histoires d'aventure classiques, les épopées romantiques au sens le plus large, avec des chevaux, des décors sauvages et des héros qui se mouvent en plein air, c'est définitivement le passé.

Ce monde de la BD d'aventure (Western, Pseudo-Western, médiéval etc)  était toute ma passion dans les années 70. J'ai travaillé dur pour atteindre un niveau de dessin suffisant, un niveau qui me permettrait de faire partie de ceux qui créent ces rêves ...



Les années, les décennies ont passé. Et maintenant que ma technique est enfin mûre, le monde a changé et il manque les lecteurs-rêveurs prêts à s'embarquer dans les autres mondes.
ça reviendra peut-être un jour, mais probablement pas de mon vivant.

Les planches avec les histoires dessinés au trait détaillé encombrent ma maison, je ne sais plus où les mettre, parmi les factures d'EDF impayés et les relance de cotisations de la Maison des Artistes qui me demande des montants bien supérieurs à ce que je gagne.

Savoir que je ne suis pas seule n'aide pas vraiment. Selon un sondage réalisé lors du festival BD d'Angoulême, plus de 70% de créateurs de BD vivement maintenant dans la précarité.



Je ne vais pas, sur mes vieux jours, commencer à dessiner des Manga, ou les aventures de Sophie qui a des problèmes avec les mecs .
Je ne ferai pas des caricatures de tronches ;  ni des politiques, ni de Madame et Monsieur Lambda.

En un mot: Je ne vais pas changer la raison pour les quelles je dessine: L'évasion vers un autre monde.
RIVERBOAT continuera donc son voyage sur le Fiume Eterno, avec John et Aldo à Bord. sans oublier Mallie.


Vous qui savez encore rêver, vous qui êtes prêts à nous rejoindre à bord : N’hésitez pas de partager votre expérience ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser! Vous voulez savoir la marque de croquettes préférée de Mallie ? Vous voulez faire un bisou à Aldo, serrer la main à JFK, dire m**** à Scott Sweener - faites le !

"La BD, c'est un bout d'enfance qui essaye de ne pas mourir" avait dit quelqu'un. C'est valable pour Riverboat, à 100%








vendredi 29 avril 2016

Le éternels revenants.

Le monde des contes et de la fiction en général est peuplé d’archétypes.
Surtout les vilains représentent souvent une une facette basique du mal ou plusieurs en combiné.
Ils reviennent sous différentes formes, identités et déguisements sans changer dans leur essence :
La soif du pouvoir, l’avarie, l’absence de tout scrupule, voir même le goût du sadisme, le plaisir de faire mal.

Proespero Gallinari

Même si on peut rencontrer des personnages très complexes, qui ne sont pas entièrement bons, ni entièrement méchants, le principe des archétypes reste.

Comme mes héros sont inspirées de l’histoire, leurs adversaires le sont forcément aussi.

Au cours des aventures de John et Aldo, c’est tout un univers d’antagonistes qui reviennent en permanence, que ce soit dans “Les Contes de la Maison Blanche” ou “Riverboat”.

Sigrid Bogenfelde


Ces personnages apportent le suspense à l’histoire, bien entendu. Mais ils sont bien plus que ça.
Leur rôle est aussi d’être le miroir des héros.
Car on notera souvent que les antagonistes reflètent le caractère de ces derniers.
Parfois, John et Aldo doivent affronter des individus obscurs dont je suis probablement la seule à connaître la vraie identité.
N’aie crainte, cher lecteur, chère lectrice, cela ne t’empêchera pas de pouvoir suivre l’histoire.

Mario Moretti

Parfois, ces personnages ont un modèle historique concret ou représentent la cumulation de plusieurs personnalités.
 Parfois ils donnent aussi un visage à des forces plus élémentaires.

Andreotti

jeudi 18 février 2016

La solitude



Après les pensées sur la liberté, voici quelques unes sur la solitude.

Aldo Moro avait écrit dans une lettre à un ami proche : "Je  sais que tu es seul. Moi aussi je le suis. Je suis seul, au milieu de beaucoup de gens". 
En effet, il y a deux solitudes: L'absence d'autres humains, comme quand on se trouve en plein dans la nature par exemple. Ce n'est pas forcément mauvais, au contraire. J'ai toujours savourée la solitude de la montagne ou des grands espaces apuliens.

Et puis il y a la solitude de l'âme. Ne pas pouvoir partager ce qui nous importe, ce qu'on voudrait communiquer. Cette solitude peut être vécue en compagnie des autres, elle est même d'autant plus douloureuse qu'il y a du monde autour.

J'ai pratiquement toute ma vie souffert plus ou moins intensément de cette solitude là. Chaque dessin est une bouteille à la mer. La clé du bonheur est de savoir jeter ces bouteilles à l'eau tout en étant en paix avec le fait qu'elles ne seront jamais recueillies.



jeudi 11 février 2016

La liberté

Liberté...
Aujourd’hui, je reprends les pensées de Claire dans son nouveau blog.

Ce qu’elle y a écrit me rappelle les mots du prêtre de Lucito, en Molise: Il était venu le soir auprès de ma tente et malgré le fait que sois paganiste et lui catholique, nous avions eu un bel entretien spirituel. Il me disait: “Ce voyage vous a fait découvrir qui vous êtes vraiment. C’est là tout l’enjeu de la vie.”
Il avait certainement raison, et bien que je ne sois pas encore arrivée tout à fait au bout de la découverte, je m’en suis pas mal rapprochée, c’est certain.
La reconnaissance totale de soi, de ce qui reste quand tout conditionnement extérieur est tombé, c’est l’ultime liberté.

Outre que le conditionnement “normal”, il y a les contraintes, voire carrément l'oppression de la part de la société ou d’une partie. Ce désir de s’imposer aux autres, de faire valoir ses idées et ses règles au détriment du reste, semble être infiniment profond chez l’humain. Ça s'appelle aussi le pouvoir.

Dans ma perception, nous revivions une renaissance des forces autoritaires de tout genre. Cela crée des adversités, le ton monte. Des familles, des amis sont divisés.
Des camps idéologiques se fortifient et se radicalisent. Les valeurs de la liberté sont de plus en plus piétinées - aussi par ceux qui avaient la vocation de les défendre.

Ayant voyagé pendant sept mois dans ma propre bulle de temps, le retour dans le monde dit normal est assez difficile pour moi. Je redécouvre non seulement la même merde, mais entre temps, elle est devenue encore plus pourrie.