Diana Kennedy, artiste-auteur située dans les Vosges.

vendredi 30 juin 2017

Le retour

Me voilà de retour dans les Vosges, à la maison. Je suis contente de retrouver le pays.

Le voyage de retour n'a pas été simple, non plus.

Le Taxi arriva à l'heure. Quand nous primes la grande rue, passant par la maudite station de bus, je ne pus me retenir. Je racontais au chauffeur ce qui m'était arrivé.
"Oh mais c'est normal" répondit-il avec un calme total.
Ensuite, j'eus droit à toute une série d'anecdotes sur des incidents similaires dont il avait été soit victime, soit témoin immédiat ou encore de récits de ses clients. TOUT s'était passé exactement dans ce quartier.
"Ce sont des jeunes du quartier. Ils sont bien connus, mais personne n'ose faire quelque chose. Les policiers non plus. Ils ne vont d'ailleurs certainement pas traiter votre plainte, parce que voyez-vous, il y en a trop. ça va partir sur la pile avec les cas de drogue, les viols, les violences et les braquages, les dealers et tout ça. C'est une Zone de non-droit."

Oui, ok. J'ai bien compris ça entre temps.

"Tout les voisinage les connaît, les habitants savent qui ils sont, mais ils ont tous peur. Alors les voyous font ce qu'ils veulent. Ils vous assaillent en plein jour, souvent devant les yeux des passants. Personne ne vous aidera, de peur."

Je me casse la tête, si j'aurais pu éviter de mettre mes pieds dans cette boue immonde qui s’appelle citée. Étais-je naïve de réserver un hôtel comme ça, dans la zone parisienne, sans vérifier de quelle Zone il s'agit vraiment ? Oui, sans doute. Et je me fais des reproches.

Arrivée à l'aéroport d'Orly - les avertissement "Attention ! Risque d'attentats" ajoutent au confort mental des voyageurs. Les toilettes indiquent à quel niveau on estime les passagers :


Comment ça ? On ne peut pas boire un coup dans la cuvette?








samedi 24 juin 2017

Vide sac

Alors que je suis contrainte d'attendre ici, dans cette petite chambre de l'hôtel F1 à Stains tout le week-End, autant passer le temps à écrire ce billet et à vider mon sac.

C'est étrange : cette chambre d'hôtel est une cellule de prison et une cachette-refuge en même temps. Tout est en contradiction, je n'ai plus aucune pensée cohérente.

Mais pour les lecteurs qui n'ont pas suivi sur facebook, récapitulons les faits :

Comme tous les ans, j'ai voulu participer à FESTICART' cette manifestation en honneur de la carte postale et de l'illustration en générale. Et comme tous les ans, je me suis pris un hôtel - non à Enghien-les-Bains, ville où la manifestation a lieu, mais dans les alentours de l'île de France.

L'hôtel F1 a Stains proposait un bon deal via Booking.com , 127 balles  pour trois nuits. Alors adjugé. En guise de préparatifs, je calculais en ligne le trajet à faire en RER et bus pour me rendre à Enghien-les-Bains le samedi matin.

Hier, la première mauvaise surprise: la gare de Stains La Ceriseraie - est fermée jusqu’au 1er juillet pour cause de travaux. Je dois donc recalculer mon trajet mais...tout le temps, perturbations, travaux. Les différents sites indiquent des différents horaires de bus. C'est un chaos total.
Sur facebook je lance un appell à Covoiturage, taguant l'organisateur de Festicart. Après tout, Enghien n'est qu'à 8 km de Stains, Un petit détour pour dépanner une collègue. Mais aucun retour.

J'opte donc pour un trajet que je me suis bricolée tout l'après midi de vendredi. Le premier d'une série de bus à prendre partirait donc depuis l'arrêt près de l'hôtel à 6h18. ou 19 ou 30 - selon les sources consultées. Quoi qu'il en soit, je suis sur place à 6h30.
Arrive une jeune fille. Elle me demande quand part le bus. Je le lui dis.  Elle repart. Ensuite elle revient puis elle se jette sur moi et tente de m'arracher mon sac à main. Je me défends, elle n'y arrive pas, mais alors  une autre fille s'amène et celle-ci s'empare de ma valise. Je me défends toujours contre les attaques de la première. En bas, une voiture s'arrête. Je crie au secours. Mais je comprends très vite que le jeune homme dans cette voiture est complice des deux filles qu'il supervise sans doute.

Les deux filles fuient avec ma valise sautent dans une voiture et s'en vont. Je cours vers l'hôtel, de peur que dans une nouvelle attaque on m'arracherait pour de bon la bourse.
Une fois de retour à l'hôtel, j'appelle la police, je dois expliquer au moins 3 fois la même chose, alors que je sens comment mes forces s'évanouissent. Finalement on m’emmène au commissariat pour déposer la plainte. C'est froid, c'est la routine et on me fait comprendre que mon état de choc est exagéré.
Lentement je prends conscience des dégâts : dans le coffre il y avait la clé de ma voiture garée à la gare de Bains. Il y avait aussi la clé de l'appartement de Bâle, où je rentrerai lundi soir.

Il y avait aussi - je ne suis pas sûre - mon passeport. Mon tout nouveau passeport, sponsorisé par le lions Club Bains-les-Bains. Celui qu'il me faudra pour mon voyage aux USA dans pas deux semaines. Si c'est le cas, alors ce voyage aura été saboté lui aussi avec cette agression. Lundi je saurais si ce passport ce trouve quand même à l’appartement à Bâle.

Et puis bien entendu, il y avait des dessins originaux, dont nombre réalisées sur le pèlerinage Aldo Moro. Des cartes postales fraîchement imprimées, des Riverboat. Et mes outils de dessin, un nouveau bloc de papier aquarelle et avant tout, la boîte à aquarelles. Elle seule vaut 150 Euros avec les godets que j'avais acheté en plus.
Il y avait des dessins entamées, la planche actuelle de Riverboat, la nouvelle carte Georgie, un dessin pour un client...
Bref, toute ma "fortune" actuelle. Car j'avais depuis longtemps préparé ce voyage.

Mais tout ça, ce n'est pas le pire...Le pire et cette agression, la perte de ce que le contenu du coffre représente pour moi, ma vue intime. Je me sens violée. Tout simplement.

Je sais que les voleurs vont être "déçus" du contenu, car éh oui, bande de connes et de connards, une artiste dans la précarité n'a pas de bijoux. Il n'y avait pas non plus d’appareil photo, une tablette ou un Iphone dans ma valise . Il n'y a que des dessins et des cartes postales et BD imprimées avec le peu de revenues que j'ai. Ces dessins, ces BD, vous allez les jeter quelque part, comme quoi vous auriez très bien pu me les laisser.
Pour moi, ils représentent mon monde, ma vie intérieure et tout ce qui m'est cher.

Il y a ce changement intérieur que je ne peux pas contrôler, cette angoisse, ces montagnes russes entre les reproches à moi-même et à autrui. J'ai peur de sortir et en même temps je haïs cette chambre d'hôtel qui est, comme je l'ai écrit initialement, comme un cachot. Je me sens en prison alors que ce sont les agresseuses qui devraient être en prison.
J'aimerai sortir AVEC quelqu'un, boire un chocolat chaud en compagnie de quelqu'un qui me pardonnera que je pleure et qui me dit que tout va s'arranger.

Je regarde à travers la petite fenêtre carré, dehors sur les containers qui débordent et les ordures qui traînent partout sur la chaussée dégradée et trouée. Stains est tout simplement un trou dégueulasse.

Mon avion décollera lundi pour me ramener d'abord à Bâle, d'où je retrouverai mes Vosges chéries le mercredi. Et vous, les agresseurs, vous resterez ici dans la merde misérable, puante  de votre trou crasseux.










lundi 12 juin 2017

Midsommer

Juin - la lune des fraises, la nature est en plein épanouissement. Le matin, dès que je reviens de la cure à bains-les-bains, je vais au jardin. M'y attend plus de travail que je ne puis assumer avec mes forces limitées. Et pourtant quel bonheur ! la récolte des fraises est sensationnelle ! Celle des groseilles aussi. Tout le boulot a été plus que récompensé. Et puis il y a cette béatitude à travailler la terre de ses mains, l'univers des senteurs.

Le Giardino, ce petit coin dédié à Aldo est magnifique lui aussi. Bien qu'il ne soit qu'une ébauche de ce que j'ai en tête.

Des Roses blanches pour Aldo

Jardin sauvage

Mais aussi devant la maison la nature évolue : Beppi, le marronnier que j'ai fait grandir à partir d'un marron ramassé à Bâle dans le Schützenmattpark, est devenu un vrai arbre. Et cette année, il a fait une toute première fleur:


Donc en cet automne, les premiers marrons tomberont-ils sur mon sol ?
Tout porte çà croire.

Poptart et Smarty, les deux nouveaux membres de la famille se sont bien intégrés au sein de la maison et des autres chats.
Que j'aime cette période entre le 29 Mai (anniversaire de JFK ) et le 21 Juin (Litha, le solstice d'été). Les jours du Midsommer  sont d'une légerté sans pareil. Tout est en mouvement, volatile, passager. Mais d'une douce allegresse. 


samedi 27 mai 2017

En route pour Xertigny

Me voici donc sous la tente, avec Gamin broute à côté. Comme au bon vieux temps du pèlerinage. Nous avons parcouru environ 15 kilomètres pour faire le trajet Harsault - Xertigny tout en empruntant des chemins forestiers et champêtres. Avec la chaleur, cela nous a rapellé la Toscane.

Je suis vraiment crevée. Mais heureuse. La lumière douce du soir est accompagné par le chant des grillons et nous avons tout ce qu'il faut. 
C'est vraiment comme au pèlerinage, sauf que je n'ai pas de but aussi lointain, ni aussi transcendant, mais pourtant, je sens bien qu'Aldo est avec nous. Lui qui adore les grands espaces les soirées au bivouac.
Demain donc nous serons à notre stand du comice de Xertigny. C'est la toute première fois que nous participons en tant qu'exposants. Je manquerai pas de vous raconter comment cela a été.

dimanche 21 mai 2017

Soirée de Chansons sous la Yourte

Si vous avez manqué le concert d'Adéline et Pierre sous la Yourte, vous avez raté quelque chose. Vraiment.

Je ne sors que rarement, ayant un besoin irrésistible de me retirer, le soir venu, dans mon nid et fermer toutes les portes. Mais cet événement en valait la peine.

Adéline et Pierre étaient venus jouer et chanter des chansons de Brassens (première partie) et de la chansons française mixte dans la seconde partie. L'entracte  était un peu anticipée il me semble, sans doute parce que le public avait faim et les délices du repas partagées étaient trop alléchantes pour attendre encore plus longtemps.
Les deux interprétés chantaient vraiment bien. Le tout était du "unplugged", pas de gros matos genre amplificateur à vous casser les tympans. Juste voix et instruments. Dans le micro-cosmos de la Yourte cela crée un effet très fort.

Ce fut une ambiance d’allégresse, d'intimité et de bonheur partagé.  Je suis persuadée que ce format  va avoir beaucoup d'avenir.


Merci à l'associationCoeur de Yourte, à Adéline et Pierre et tous les spectateurs pour cette soirée de bonheur.

lundi 1 mai 2017

R.I.P Tick Trick et Track

Tous les matins, dès que je mettais un pas devant la porte, j'entendis les trois poules gargouiller et papoter. Elles demandaient leur petit déj' !
Pas il y a deux jours. Silence total. Je m'approchais de l’enclos, avec un très mauvais sentiment. Toujours rien qui bouge.

je les appelais. Rien. Sur la terre, des plumes. Beaucoup. parfois seules, parfois des petits tas.

En avancement encore plus je vis cet endroit du grillage déformé, forcé. Des plumes étaient accrochés à gauche et à droite.

Tout était clair: Un intrus, probablement une fouine, a pénétré dans l'enclos et a emporté le trois braves filles. Elles ont été tirées à travers le grillage.

Je ne suis pas la première propriétaire de poules à qui ça arrive et je ne serais pas la dernière. Déjà en Allemagne, il y a plus de 20 ans maintenant, Maître Goupil nous avait volé notre fier coq Fridolin, puis les poules, l'une après l'autre.

Toujours est il que cela fait assez mal Ce silence pesant dans l'étable et l'enclos...

Un sac de nourriture même pas ouvert.

Je vais renforcer l'enclos. Ajouter un grillage que j'enterrerai au moins 30 cm dans la terre dans une tranché où je coulerai du béton. Et au printemps prochain, je prendrai des nouvelles poules. Entre temps, il va falloir le supporter, ce silence.




mercredi 29 mars 2017

Le réveil printanier


Ces jours ensoleillés pleins d’allégresse - quelle merveille. Les nuits de gel avec jusqu'à - 17 sont désormais bien loin. Tout fleurit, tout s'épanouit et le jardin appelle à la labeur.




Cette légèreté d'être à pour effet que je suis plus indulgente envers moi-même. Je me pardonne mieux le fait que je n'arrive pas à assumer la progression de tous mes projets aussi rapidement que prévu. Ma To-Do Liste reste souvent qu'à moitié accomplie.
Mais je pense aussi souvent à Aldo . La mélancolie ternit alors les lumières du printemps. Je compte les jours depuis le 16 mars, depuis "qu'il est prisonnier" et je compte combien il lui restent de jours jusqu'au  9 mai, jour de sa mort. Il y a encore tout le mois d'Avril à passer...
Des pensées noires inutiles. Même si il me paraît certain que ces semaines de calvaire ont laissé leur empreinte dans le temps, que s'est crée une pesanteur que l'on peut ressentir chaque année quand se renouvelle la période respective, j'entends aussi, tout au fond de moi, Aldo qui me dit qu'il n'est plus prisonnier. Qu'il vaut mieux savourer le printemps, ensemble. Avec lui, avec les autres, avec tous les âtres proches, qu'ils soient visibles ou invisibles.



Ce matin, je suis allée à l'étang des cailloux, avec Gamin. On a encore de l’entraînement à faire, avant d'être prêts pour "Deep Forest 5". Gamin maîtrise encore parfaitement son boulot d'âne de bât, mais tout comme moi; il doit se refaire les muscles, se libérer de la raideur de l'hiver.



L'étang lui, ne fait que se réveiller. Il y a encore très peu de végétation, mais une sorte de tension qui plane sur les eaux.