Diana Kennedy, artiste-auteur située dans les Vosges.

mercredi 5 juillet 2017

CBC 004 Flight day


Elle est toujours agitée, la nuit avant le départ. De peur de rater l'heure pour se lever, on ne dort pas du tout. Ou presque. La chaleur lourde qui pèse sur la nuit bâloise ajoute à l'inconfort.
Le son du réveil est presque un soulagement. 

Le vol vers Francfort se déroule sans problèmes. Ici, il faur changer de terminal et repasser les contrôles de securité. Punaise ! C'est bien plus musclé que pour un vol européen,  ces contrôles avant le saut vers les USA. 
On vous coince dans un scanner à rotation, on vous fouille avec les mains, même á des endroits oú, normalement personne ne pourrait y toucher sans encaisser une baffe. C'est vraiment désagréable, mais bon. Tout le monde se laisse faire sans rouspetter, parce que personne n'a envie de passer les prochaines 10 heures à bord d'un avion en compagnie d'un deuxième monsieur Atta.



Le Décollage d'un Boeing 767 est une experience assez impressionante pour qui, jusq'à ce jour, n'a connu que ces sauterelles inter-ville du type hop! Ou city-liner. Ou encore les vieilles DC 10 des années 70.
Quand les puissants roteurs se mettent en route et que ça commence à foncer, on a envie de dire "doucement, pas si vite". Mais là, faut pas compter là dessus. Vous êtes pressé dans le siège avec une force ressentie d'au moins 2G et vous grimpez dans le ciel avec une vitesse sidérante.

Étrange route que nous prenons, tiens. Au lieu de traverser l'atlantique en ligne  horizontale, l'avion suit une grosse boucle tout au nord, en survolant l'Islande, le Groenland et le Canada. 

Le survol du Groenland est à couper le souffle. Les montagnes, la neige, la mer avec les banquises...


Pour quelqu'un qui fait son premier vol intercontinental, ces impressions sont spectaculaires.

L'aterrissage à Las Vegas et turbulent et on est secoués comme dés de jeu de hasard....

Me voilà donc ici, à attendre le vol pour Seattle qui partira dans 6 heures! Ma journée a pourtant comencée très tôt, mais elle ne finit pas. Ici, il est 17h00 et chez nous déjà 02h00....bon je vaus essayer de me coincer un pt'it bulle sur le siège de la salle de départ.




CBC 003 première etape. Ouf!



Le train direction Belfort part de Bains les Bains à 10h19 - tous les jours. Mais je m'assure en général quand même au préalanle sur sncf.fr afin d'être vraiment sûre...
En général. Sauf aujoyrd'hui. Comme quii j'ai été bien embêtée quand j'ai déciuvert que je devais attendre presque deux heures à la gare que vuenne ce bus de remplacement. Eh oui. Pour cause de travaux, aucun train ne circulera en Juillet.
Quelle poisse.

Mais non. Une tous parti, c'était parti et j'ai fini par arriver.
Me voilà donc à Bâle. Et demain matin : décollage !



dimanche 2 juillet 2017

CBC 002. Aldo et JFK


Tout comme sur le pèlerinage en Italie, j'invite mes "compagnons invisibles" à venir avec moi. Aldo et John sont en train de se préparer et vont peupler mes illustrations pour raconter le voyage et le séjour à travers de leurs yeux.

Cette fois-ci les rôles sont inversés: Alors que le pèlerinage était pour Aldo un retour au pays - que John avait à découvrir, cette fois -ci on va chez John.

On ne vous cachera pas, qu'Aldo a des sentiments un peu mixtes. Ses souvenirs ne sont pas unanimement bonnes.

Ouais...
On en voudra jamais assez à cette brute de Kissinger d'avoir menacé Aldo. Or, nous veillerons bien à ce que à ne se reproduise plus.


samedi 1 juillet 2017

CBC1. 001 : Compte à rebours à commencé


Aujourd'hui dans une semaine je serai au ClallamBay Comicon!

Il est temps d'entamer le cycle de reportages sur l’événement. Donc à partir d'aujourd'hui, à chaque fois que le temps et la connexion internet me le permettront, je vous ferai part de l'actualité et de mes pensées autour de ce voyage d'exception, sur le quel je vous invite de m'accompagner en tant que lectrice, lecteur.
Pour mémoire, voici les dates:

  • Mercredi 5 Juillet, départ pour Bâle. J'y ferai les derniers préparatifs et logerai dans l'appartement de ma mère.
  • Jeudi 6 Juillet, décollage de l'avion à Bâle Mulhouse, vers 8h00 du matin. Après des escales prolongées à Francfort et Las Vegas, j'arriverai vers 23h45 à Seattle (heure locale)
  • Vendredi 7 Juillet : Ensemble avec Roberta Gregory, nous nous rendons à ClallamBay
  • samedi 8 Juillet : Premier jour du Comicon
  • Dimanche 9 Juillet : Deuxième jour du Comicon
  • Lundi 10 Juillet Retour avec Roberta vers Seattle
  • Mardi 11 Juillet décollage pour retour vers l'Europe.
Oui, c'est court. Un séjour plus long aurait aussi coûté plus cher. Déjà que le voyage tel qu'il est prévu maintenant, n'aurait pas pu être possible sans le grand élan d'aide et de solidarité de ma communauté (pour le billet d'avion) et celle de Donna (l' hébergement).

De toute façon, n'oublions pas : Ce ne sont pas des vacances. C'est la réalisation d'un défi : Celui de faire un saut, comme ça, en tant que artiste précaire, à un festival de BD qui se déroule  à l'autre bout du monde. Pour présenter aux Américains en direct les BD et dessins crées auprès d'un poêle vosgien.
C'est l'idée du "global village" vécu en direct.

Suis-je prête ? Oui et non...
Oui, parce que tout est réglé (du moins je l'espère). Non, parce que dans ma tête, je n'ai pas encore pu me libérer de l'ombre noire de Stains.
Je me sens toujours comme enfermée dans une caisse sombre. 


Mes pensées devraient être concentrées sur le voyage, mais ils restent assiégées par le souvenir, par les vagues d'angoisse et de peur.
Je parviens cependant lentement à me libérer...Grâce à l'aidée apporté, grâce à votre solidarité, je me suis retrouvée avec du nouveau matériel de dessin plus rapidement que durerait un vol en supersonique. Alors je dessine, et ça me fait un grand bien. Je dessine pour vivre, pour respirer, pour résister.

A demain, les amis !



vendredi 30 juin 2017

Le retour

Me voilà de retour dans les Vosges, à la maison. Je suis contente de retrouver le pays.

Le voyage de retour n'a pas été simple, non plus.

Le Taxi arriva à l'heure. Quand nous primes la grande rue, passant par la maudite station de bus, je ne pus me retenir. Je racontais au chauffeur ce qui m'était arrivé.
"Oh mais c'est normal" répondit-il avec un calme total.
Ensuite, j'eus droit à toute une série d'anecdotes sur des incidents similaires dont il avait été soit victime, soit témoin immédiat ou encore de récits de ses clients. TOUT s'était passé exactement dans ce quartier.
"Ce sont des jeunes du quartier. Ils sont bien connus, mais personne n'ose faire quelque chose. Les policiers non plus. Ils ne vont d'ailleurs certainement pas traiter votre plainte, parce que voyez-vous, il y en a trop. ça va partir sur la pile avec les cas de drogue, les viols, les violences et les braquages, les dealers et tout ça. C'est une Zone de non-droit."

Oui, ok. J'ai bien compris ça entre temps.

"Tout les voisinage les connaît, les habitants savent qui ils sont, mais ils ont tous peur. Alors les voyous font ce qu'ils veulent. Ils vous assaillent en plein jour, souvent devant les yeux des passants. Personne ne vous aidera, de peur."

Je me casse la tête, si j'aurais pu éviter de mettre mes pieds dans cette boue immonde qui s’appelle citée. Étais-je naïve de réserver un hôtel comme ça, dans la zone parisienne, sans vérifier de quelle Zone il s'agit vraiment ? Oui, sans doute. Et je me fais des reproches.

Arrivée à l'aéroport d'Orly - les avertissement "Attention ! Risque d'attentats" ajoutent au confort mental des voyageurs. Les toilettes indiquent à quel niveau on estime les passagers :


Comment ça ? On ne peut pas boire un coup dans la cuvette?








samedi 24 juin 2017

Vide sac

Alors que je suis contrainte d'attendre ici, dans cette petite chambre de l'hôtel F1 à Stains tout le week-End, autant passer le temps à écrire ce billet et à vider mon sac.

C'est étrange : cette chambre d'hôtel est une cellule de prison et une cachette-refuge en même temps. Tout est en contradiction, je n'ai plus aucune pensée cohérente.

Mais pour les lecteurs qui n'ont pas suivi sur facebook, récapitulons les faits :

Comme tous les ans, j'ai voulu participer à FESTICART' cette manifestation en honneur de la carte postale et de l'illustration en générale. Et comme tous les ans, je me suis pris un hôtel - non à Enghien-les-Bains, ville où la manifestation a lieu, mais dans les alentours de l'île de France.

L'hôtel F1 a Stains proposait un bon deal via Booking.com , 127 balles  pour trois nuits. Alors adjugé. En guise de préparatifs, je calculais en ligne le trajet à faire en RER et bus pour me rendre à Enghien-les-Bains le samedi matin.

Hier, la première mauvaise surprise: la gare de Stains La Ceriseraie - est fermée jusqu’au 1er juillet pour cause de travaux. Je dois donc recalculer mon trajet mais...tout le temps, perturbations, travaux. Les différents sites indiquent des différents horaires de bus. C'est un chaos total.
Sur facebook je lance un appell à Covoiturage, taguant l'organisateur de Festicart. Après tout, Enghien n'est qu'à 8 km de Stains, Un petit détour pour dépanner une collègue. Mais aucun retour.

J'opte donc pour un trajet que je me suis bricolée tout l'après midi de vendredi. Le premier d'une série de bus à prendre partirait donc depuis l'arrêt près de l'hôtel à 6h18. ou 19 ou 30 - selon les sources consultées. Quoi qu'il en soit, je suis sur place à 6h30.
Arrive une jeune fille. Elle me demande quand part le bus. Je le lui dis.  Elle repart. Ensuite elle revient puis elle se jette sur moi et tente de m'arracher mon sac à main. Je me défends, elle n'y arrive pas, mais alors  une autre fille s'amène et celle-ci s'empare de ma valise. Je me défends toujours contre les attaques de la première. En bas, une voiture s'arrête. Je crie au secours. Mais je comprends très vite que le jeune homme dans cette voiture est complice des deux filles qu'il supervise sans doute.

Les deux filles fuient avec ma valise sautent dans une voiture et s'en vont. Je cours vers l'hôtel, de peur que dans une nouvelle attaque on m'arracherait pour de bon la bourse.
Une fois de retour à l'hôtel, j'appelle la police, je dois expliquer au moins 3 fois la même chose, alors que je sens comment mes forces s'évanouissent. Finalement on m’emmène au commissariat pour déposer la plainte. C'est froid, c'est la routine et on me fait comprendre que mon état de choc est exagéré.
Lentement je prends conscience des dégâts : dans le coffre il y avait la clé de ma voiture garée à la gare de Bains. Il y avait aussi la clé de l'appartement de Bâle, où je rentrerai lundi soir.

Il y avait aussi - je ne suis pas sûre - mon passeport. Mon tout nouveau passeport, sponsorisé par le lions Club Bains-les-Bains. Celui qu'il me faudra pour mon voyage aux USA dans pas deux semaines. Si c'est le cas, alors ce voyage aura été saboté lui aussi avec cette agression. Lundi je saurais si ce passport ce trouve quand même à l’appartement à Bâle.

Et puis bien entendu, il y avait des dessins originaux, dont nombre réalisées sur le pèlerinage Aldo Moro. Des cartes postales fraîchement imprimées, des Riverboat. Et mes outils de dessin, un nouveau bloc de papier aquarelle et avant tout, la boîte à aquarelles. Elle seule vaut 150 Euros avec les godets que j'avais acheté en plus.
Il y avait des dessins entamées, la planche actuelle de Riverboat, la nouvelle carte Georgie, un dessin pour un client...
Bref, toute ma "fortune" actuelle. Car j'avais depuis longtemps préparé ce voyage.

Mais tout ça, ce n'est pas le pire...Le pire et cette agression, la perte de ce que le contenu du coffre représente pour moi, ma vue intime. Je me sens violée. Tout simplement.

Je sais que les voleurs vont être "déçus" du contenu, car éh oui, bande de connes et de connards, une artiste dans la précarité n'a pas de bijoux. Il n'y avait pas non plus d’appareil photo, une tablette ou un Iphone dans ma valise . Il n'y a que des dessins et des cartes postales et BD imprimées avec le peu de revenues que j'ai. Ces dessins, ces BD, vous allez les jeter quelque part, comme quoi vous auriez très bien pu me les laisser.
Pour moi, ils représentent mon monde, ma vie intérieure et tout ce qui m'est cher.

Il y a ce changement intérieur que je ne peux pas contrôler, cette angoisse, ces montagnes russes entre les reproches à moi-même et à autrui. J'ai peur de sortir et en même temps je haïs cette chambre d'hôtel qui est, comme je l'ai écrit initialement, comme un cachot. Je me sens en prison alors que ce sont les agresseuses qui devraient être en prison.
J'aimerai sortir AVEC quelqu'un, boire un chocolat chaud en compagnie de quelqu'un qui me pardonnera que je pleure et qui me dit que tout va s'arranger.

Je regarde à travers la petite fenêtre carré, dehors sur les containers qui débordent et les ordures qui traînent partout sur la chaussée dégradée et trouée. Stains est tout simplement un trou dégueulasse.

Mon avion décollera lundi pour me ramener d'abord à Bâle, d'où je retrouverai mes Vosges chéries le mercredi. Et vous, les agresseurs, vous resterez ici dans la merde misérable, puante  de votre trou crasseux.










lundi 12 juin 2017

Midsommer

Juin - la lune des fraises, la nature est en plein épanouissement. Le matin, dès que je reviens de la cure à bains-les-bains, je vais au jardin. M'y attend plus de travail que je ne puis assumer avec mes forces limitées. Et pourtant quel bonheur ! la récolte des fraises est sensationnelle ! Celle des groseilles aussi. Tout le boulot a été plus que récompensé. Et puis il y a cette béatitude à travailler la terre de ses mains, l'univers des senteurs.

Le Giardino, ce petit coin dédié à Aldo est magnifique lui aussi. Bien qu'il ne soit qu'une ébauche de ce que j'ai en tête.

Des Roses blanches pour Aldo

Jardin sauvage

Mais aussi devant la maison la nature évolue : Beppi, le marronnier que j'ai fait grandir à partir d'un marron ramassé à Bâle dans le Schützenmattpark, est devenu un vrai arbre. Et cette année, il a fait une toute première fleur:


Donc en cet automne, les premiers marrons tomberont-ils sur mon sol ?
Tout porte çà croire.

Poptart et Smarty, les deux nouveaux membres de la famille se sont bien intégrés au sein de la maison et des autres chats.
Que j'aime cette période entre le 29 Mai (anniversaire de JFK ) et le 21 Juin (Litha, le solstice d'été). Les jours du Midsommer  sont d'une légerté sans pareil. Tout est en mouvement, volatile, passager. Mais d'une douce allegresse.